Je suis revenu très récemment de mon premier mini voyage de préparation. Ce voyage – voyage ne convient pas forcément vu que ça a duré que 2 jours – c’est le premier voyage avant le plus grand voyage ; c’est celui qui va nous permettre de nous rendre compte si l’on a bien tout ce qu’il faut, ce qui nous a servi ou non, ce qui peut être modifié et arrangé.

Durant ce petit périple, j’ai connu pas mal de galères. Je vous les raconterai à la fin car elles sont marrantes avec le recul. Beaucoup de ces galères viennent d’un enchaînement de choses, souvent quand on souhaite avoir un confort trop proche de ce qu’on a quotidiennement ce qui peut être inadapté. Moi, pour le coup, ça vient aussi et sans doute surtout de mon inexpérience.

Le lendemain, je tombe – comme de par hasard ! – sur une vidéo de RadioCamino, sans doute la seule chaîne Youtube que je conseillerais si je devais en conseiller une pour les voyages qu’ils soient à pied ou à vélo. Cette vidéo parlait de comment faire pour voyager léger à vélo. Elle s’appuie sur son expérience des randos pédestres pour se préparer sur ces randos à vélo.

Sa vidéo m’a fait un choc ( pas trop violent rassurez-vous ). Un choc dans le sens où je me suis rendu compte qu’elle emportait moins de matériels que moi pour 1 ou 2 mois que je n’aurais pris pour 1 ou 2 jours…
Ce n’est pas tant que mon vélo m’a semblé lourd, au contraire, il m’a semblé assez léger, mais c’est la galère qui va avec tout ce que j’ai apporté. Chaque chose que l’on a nous devons les porter, quoi qu’on en dise, il s’agit d’un poids surtout morale que physique d’ailleurs car nous allons en avoir la responsabilité, ce petit contrat qu’on se fait à soi-même de prendre soin de tout ce matériel. Ce poids-là est plus lourd encore que le poids du matériel en question.
Sans compte que chaque matériel doit parfois être rangé, dérangé etc., selon nos possibilités et notre organisation.
Le pire, c’est ces petits rien qu’on pense nécessaire – peut-être le sont-ils plus ou moins – et qui entraîne d’autres choses qui entraînent d’autres choses. Je vous donne un exemple : j’aime boire un « petit » café de temps en temps dans la journée. Pas de problème, ça ne fait pas de mal, ça réchauffe. Au-delà de l’aspect utile ou pas de la chose, je vais devoir apporter pas mal de matériel rien que pour ce café. Il va y avoir un casserole pour chauffer un grande quantité d’eau. Pourquoi ? Pour la mettre dans un thermos pour ne pas avoir à réchauffer de l’eau à chaque café – ça semble malin non ? – non ? Ah bon ! Ben moi ça m’a semblé malin sur le coup. Donc on a la casserole, le thermos super pratique, nous avons le mini réchaud Esbit dont je suis fier parce qu’il est tout petit et que je me sens malin avec. Nous avons donc… la bouteille d’un litre d’alcool à brûler parce que si je prends une bouteille de moins d’un litre j’aurais l’air malin sur le coup mais quand je devrais la remplir je devrais racheter une bouteille d’un litre car le vrac d’alcool à brûler je ne connais pas encore et je n’ai pas encore vu non plus de bouteille d’alcool à brûler de moins d’un litre à par le DragonFire, mais nous n’en trouvons pas partout.
Donc pour un café ( 3 fois par jour ou plus parce que j’aime beaucoup me réconforter ! ) je me retrouve avec un casserole avec son couvercle ( malin ça chauffe plus vite hey ! ) + le réchaud + le support par-vent Esbit ( ma… – vous savez ) + la bouteille d’un litre d’alcool à brûler + le thermos et les dosettes de café. Ouais, ça fait beaucoup. Vous me direz que je peux cuire aussi autre chose avec ça, et vous avez raison, d’ailleurs c’est ce que je me dis pour me rassurer que tout ça a son importance tout de même. Et ça marche parce que j’y crois là, tout de suite. Manger chaud et boire chaud apporte beaucoup. J’essaie de peser le pour et le contre et voir le poids réel de chaque chose, poids et place du matériels qu’ils vont prendre réellement et celui qu’ils vont prendre moralement. Si quelque chose devient plus lourd ou beaucoup trop lourd moralement je vois si je peux m’en passer, c’est ce que je vais essayer de faire.

La remise en question va plus loin. Pourquoi voyage-t-on ? Pourquoi moi – le « moi » c’est vous, c’est soi – pourquoi « moi » je voyage ? Suivant la réponse que vous allez apporter, réponse faite d’envie, d’espoir, de craintes peut-être, de fuite aussi, vous allez voyager différemment.

Pour moi, je voyage pour me rencontrer, pour aller au-delà des peurs, pour me confronter à l’inconfort pour que de cet inconfort naisse un homme nouveau. L’inconfort c’est la main qui façonne, qui applique des contraintes sur mon « âme » afin de créer une nouvelle forme, comme sur une poterie. La disposition d’esprit c’est une façon de donner de la matière modelable, c’est en tout cas ce que je me dis, ce qui me permet de chercher à surpasser ce que je vis quand je traverse des moments déplaisants. Après cela passe et passera par des phases d’abandon, de désespoirs, de grands malaises, mais je veux aller voir au-delà.

Après tout ça, est-ce qu’on peut dire que les galères que je vivrais et que j’ai vécu en sont vraiment ? Malgré tout voici un petit bout de ce que j’ai rencontré : l’une des choses les plus difficiles a été de ne pas pouvoir prendre de douche. Pour moi c’est l’un des grands obstacles parce que sans douche cela me rend très mal. Donc j’avais ce malaise en arrière plan plus ou moins présent. Mais globalement ça été mieux que je ne l’aurais cru. J’ai eu des occasions de me baigner mais je ne les ai pas saisies pour me confronter et puis parce que ce n’était finalement pas si gênant.
Mon vélo est tombé ce qui ma tordu légèrement le support portable que j’ai sur mon vélo en plus de tordre la casserole.
J’ai shooté une fois sur le réchaud. Puis une autre fois alors que j’avais mis beaucoup d’eau à chauffer pour prendre un café et remplir mon thermos – qui peut faire 3 cafés pas trop grands – la poêle s’étant inclinée ( vu qu’elle tient moins bien du coup sur la casserole tordue ) a suffit a faire basculer la popote et l’alcool qui restait dans le réchaud s’est propagé mais là j’étais plus en mode : ouais bon, c’est normal après toutes mes galères. Donc assez zen ou assez désespéré c’est selon.

Je suis sorti du lieu où j’avais planté ma tente vu qu’assis j’avais mal au dos, pour m’asseoir sur le bord d’un pont afin de pouvoir appeler ma copine. Je voulais prendre un thé mais je n’avais plus assez d’eau dans le thermos. Je me suis rendu compte le lendemain vers 6h40 du mat’ après plus d’une demie-heure de route que je l’avais oublié. Je l’ai retrouvé au retour.

Au retour d’ailleurs, je n’avais pas programmé de chemin bis pour revenir hors des halages vu que j’en avais un peu marre. Normalement je programme ça sur Strava – une application vélo sympa. Du coup j’ai utilisé une autre application pour me guider et elle m’a guidé vraiment bizarrement : dans des impasses, dans des chemins de randonnées pédestres très très boueuses où j’ai failli perdre mes chaussures et prendre un bain de boue etc.
Une fois rendu un peu après Dinan – puisque je faisais Rennes – St Malo, enfin c’est ce qui était prévu, je n’en ai même pas parlé finalement ! – j’ai vu que les halages s’arrêtaient et je ne savais plus comment aller à St Malo par des voies sûres et peu dangereuses. J’étais fatigué, j’ai fait demi-tour donc je n’ai pas réussi à aller là où je voulais aller au final.

Il m’est arrivé plein d’autres petits trucs dans le genre mais rien de bien dramatiques dans le fond. J’en tire quelques leçons et j’ai déjà envie de repartir alors que je croyais que cela m’en aurait dégoûté. Mais non, au contraire faut croire.

Enfin, contrairement à la célèbre enseigne de restauration rapide, je ne dirais pas qu’il faille « partir comme vous êtes », mais plutôt « partir comme vous voudriez être ». En tout cas, c’est ce que je vais viser. Malgré les phases émotionnelles extrêmes que j’y traverse comme dans la vie de tous les jours, j’ai envie de voir comment je me débrouillerais dans telles situations, de me pousser un peu. Par exemple si je ne prends pas de quoi faire un café mais que je veux absolument d’un café, je vais devoir aller demander un café aux gens ou dans un bar ( ce qui a plus de chance d’être le cas ) et cela peut créer des rencontres, le genre de rencontre où l’on se dit plus tard – pour le meilleur ou pour le pire – que l’on ne les aurait pas faites si nous avions fait autrement. Vu que je crois que ces rencontres seront positives, je souhaite ainsi les favoriser, me pousser à les faire alors que dans la vie de tous les jours je les éviterais plutôt, puisque je suis vraiment asocial.

Voilà, c’est ma conception aujourd’hui du voyage avec ce que j’y mets d’espoir, de craintes, beaucoup de naïvetés aussi c’est évident. Si comme moi vous ne vous reconnaissez pas dans le voyageur expérimenté qui a tout vu tout fait – ce que je respecte par ailleurs et admire considérablement – eh bien peut-être vous reconnaîtrez-vous dans le petit voyageur que je suis.

Je vous laisse avec quelques photos. À bientôt.

Décor champêtre.

Lama ou pas ? Avis aux spécialistes.
Photo pas censée être à l’envers mais je galère depuis des jours à essayer de la mettre à l’endroit et je crois que l’univers se ligue pour ne pas que j’y parvienne alors crotte de bique…. ou de lama !

Le but pendu : le pauvre, il n’avait pourtant rien fait !
C’est dans ce décor où j’ai passé ma nuit. La tente n’est plus là, elle ne m’a pas attendu.
La tortue à l’envers aussi. C’est un style, il faut savoir se démarquer dans la vie.
À la belle fontaine… où je n’ai pas osé me baigner. J’aurais dû sans doute.

Premier mini voyage – Préparation et remise en question

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.